Petit retour sur mon périple au Japon, entre paysages du Kansai, temples de Kyoto, et séjour sur l’île sacrée de Miyajima, pendant la période de la Toussaint.
Une expérience pour le moins dépaysante (Encore que… quand tu maîtrises l’anglais, Google map et que tu as tendance à te sentir assez vite partout chez toi, ça atténue un peu le choc des cultures et le potentiel d’imprévisibilité de l’aventure), une expérience marquante, mais pas toujours confortable sur le moment, en fonction des lieux traversés, des souvenirs rencontrés et des dispositions de mon mental (attentes, comparaisons, hésitations, …)
En fait, plus le temps passe et plus j’apprécie ce voyage à sa juste valeur et goûte à ses bienfaits.
Depuis mon retour, je sens que quelque chose d’indéfinissable s’est posée, apaisée, et appelle à grandir ; comme si une partie de moi, toujours un peu éteinte et tournée vers le passé, s’était rallumée, réalignée, pour reprendre vie et regarder droit devant.
Sur place, pas toujours simple de goûter à l’authenticité du pays et au caractère zen de ses paysages et temples au vue du flot de touristes sur les sites principaux. Mes meilleurs souvenirs résultent des moments où je me suis écarté des sentiers battus pour trouver des endroits où personne (ou peu de personnes) ne va, et des situations dans lesquelles j’étais le seul gaijin (étranger) entouré de Japonais.
Court best-of, en forme de mélange japonais :
Aller dans un sento (bain public) de quartier qui fleurait bon les années 70 et sentir qu’un « western guy », ils ne devaient pas en voir bien souvent.
Manger au comptoir du seul resto encore ouvert passé 19 h (après 18 h, à la campagne, c’est opération ville morte), se faire aborder par une japonaise curieuse et passer la soirée à discuter en sirotant du saké chaud.
Explorer l’autre partie de l’île de Miyajima, marcher une heure et demie sans voir un chat (mais beaucoup de daims pas farouches) pour trouver une plage déserte et paradisiaque et se baigner nu sous un magnifique soleil de 31 octobre !
Et surtout…
Délaisser d’entrée le centre spirituello-touristique du mont Koya pour randonner sur le sentier qui en fait le tour.
Se rendre compte qu’il correspond à l’itinéraire historique du pèlerinage des femmes, longtemps interdites d’entrée à l’intérieur de Koyasan.
Tomber « par hasard » sur un temple minuscule, au début d’une cérémonie présidée par deux femmes, entouré majoritairement de femmes, et être touché au plus profond de mon âme par leurs chants, leur lutte, leur espoir, leur histoire, mon histoire…
Comprendre plus tard que la divinité honorée dans ce temple et célébrée ce jour-là est un Jizo, qui fut un des fils rouges de mon séjour.
Jizo, protecteur des faibles, des démunis, des voyageurs et surtout, des enfants.
Des enfants partis trop tôt ou jamais arrivés, des enfants qu’on n’a pas su ou pu accueillir, des enfants coincés dans les limbes, perdus, volés ou jamais rencontrés ; comme des enfants dont on souhaite et on attend, depuis longtemps, la venue…

Amanohashidate (le « pont dans le ciel ») 
Premier Jizo rencontré, fil rouge lancé… 
Sentier autour du Mont Koya 
Shukubo (monastère) Kodai-in (Mont Koya) 
Chambre traditionnelle au shukubo 
temple Kongobuji (mont Koya) 
Jizo-in temple (banlieue de Kyoto) 
forêt de bambous du temple Jizo. 
rivière Arashiyama (Kyoto) 
Jardin du Tenryu-ji (Kyoto) 
Ginkaku-ji (le pavillon d’argent de Kyoto) 
Mont Kurama (Nord-Kyoto) 
Sanctuaire d’Itsukushima (Miyajima) 
18 heures, ville morte ? Pas pour tout le monde… 
Sommet du Mont Misen (Miyajima) 
Pas farouche : il pose pour la photo ! 
plage déserte (Miyajima) 
un soleil (et un bain) qui ont fait du bien…
Par Pierre Felder (texte et photos) sous https://chroniquesduvoyageur.com/melange-japonais/
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